La AppleWatch : ça promet mais…

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Apple vient de sortir son nouvel appareil, la AppleWatch. Nouvelle venue dans le marché des smartwatchs, en compétition directe avec la technologie Android Wear de Google, la AppleWatch était très attendue par les aficionados de la pomme et les technologues de ce monde. Alors, est-ce qu’on doit la commander? Est-ce qu’elle vaut la peine d’attendre au moins 5 mois avant de la mettre sur son poignet? Votre idée est probablement déjà faite mais je vous donne quand même ici mon point de vue.

Les téléphones intelligents sont de plus en plus gros. Alors que le premier iPhone faisait 3,5 pouces de diagonale, le nouvel iPhone 6 Plus aura 5,5 pouces même si, pas plus tard que l’année dernière, Apple riait de l’inefficacité de ces gros téléphones surnommés «phablets».

Pour combler ces monstres d’écrans, on propose de plus en plus des montres intelligentes qui serviront d’écrans intermédiaires. À 1,5 pouces, la AppleWatch permet de consulter les notifications et utiliser plusieurs des fonctions du iPhone sans avoir à le sortir de votre valise. (D’ailleurs, si on fait le calcul, la moyenne des deux écrans fait exactement 3,5 pouces, la dimension du iPhone original.) Vous allez continuer à utiliser le téléphone comme écran de navigation et de lecture mais pour tout ce qui concerne les autres fonctions, les manufacturiers parient que vous voudrez vous contenter du plus petit écran.

Apple arrive un peu en retard à la fête. Les montres avec notifications Bluetooth existent depuis déjà quelques années et Google a sorti son système Android Wear en juin dernier. La première vraie montre intelligente a été l’horrible Samsung Galaxy Gear, une horreur en terme d’interfaces et de fonctionnalités (une caméra dans un bracelet, sérieusement) mais depuis, plusieurs autres montres intelligentes ont été annoncées, dont la belle Moto 360, et elles sont déjà disponibles.

Oublions ces détails, les montres Android ne fonctionnent qu’avec les téléphones Android, frustrant ainsi les propriétaires de iPhone. Ceux-ci ont suivi avec attention le keynote et n’ont pas le choix d’attendre 2015 pour mettre un tel appareil à leur poignet. En attendant son arrivée et en me basant uniquement sur le keynote et ce qui a été écrit dans la presse spécialisée (Apple ne m’a pas invité à l’événement, dommage), voici mes impressions sur la nouvelle AppleWatch.

Les plus

Interface révolutionnaire, encore une fois.

Un seul doigt suffit pour TOUTES les fonctionnalités et ça, c’est très bien pensé. Pas de pinch-to-zoom, pas de 2-finger click, vous avez besoin d’un seul doigt. Pour compenser la limite du doigt solitaire, Apple a créé deux interfaces uniques :

1- La molette couronne numérique.

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La molette sur le côté droit (ou gauche si on renverse la montre pour les gauchers) permettra l’action de défiler ou zoomer l’information sur l’écran avec un simple mouvement du doigt. On remarquera qu’elle est décentré vers le haut, pour clairement permettre au doigt d’y accéder sans problème.

2- La notion de pression.

On peut toucher l’écran pour les actions principales (cliquer) mais on peut également peser sur l’écran pour amener des actions secondaires. On intègre ainsi deux niveaux d’interactions : toucher et presser, l’équivalent du clic gauche et clic droit sur une souris. Quelle excellente idée! Une telle interaction requière un développement technique qui a dû être difficile à intégrer. On voit ici l’effort supplémentaire qu’Apple a fait pour combler une des limites d’utilisabilité d’une montre.

Si on demande la meilleure démonstration de UX dans la montre, c’est dans le développement de ces deux interfaces qu’on le retrouve. De la même façon qu’Apple a développé une interface incroyable avec le premier Macintosh (la souris d’Engelbart), le iPod (le clickwheel) et le iPhone (l’écran multi-touch), elle révolutionne encore une fois la façon qu’on va utiliser et interagir avec un appareil en prenant en compte ses particularités. Là, je me lève, j’applaudis et je dis « bravo! »

Emphase sur la santé et les activités.

activitiesOn ne peut pas être contre la vertu et un des éléments qu’Apple met de l’avant avec sa montre est le côté santé et activité. En association avec le nouveau HealthKit qui apparaîtra dans iOS 8, la montre vous permettra de faire un suivi sur votre santé, votre rythme cardiaque et vos activités (mais pas votre sommeil, l’appareil devant charger durant la nuit).

Par défaut, une application va vous rappeler de vous lever au moins une minute par heure (rester assis trop longtemps est dommageable pour votre santé) et de vous inciter à faire 30 minutes d’activités légers par jour. De plus, en utilisant des capteurs de fréquences cardiaques situés sous la montre, un accéléromètre et le GPS de votre téléphone, la montre peut déterminer le type d’activités que vous faites (vélo, marche, course, ski de fond mais pas de la natation), faire un suivi et personnaliser vos exercices.

Ils n’en ont pas parlé mais je suis même prêt à parier que le capteur de fréquence cardiaque peut également être utilisé pour suivre votre rythme en tout temps et vous aviser si votre rythme devient irrégulier, ce qui est fréquent chez les personnes cardiaques. Bien utilisé, le capteur pourrait détecter les premiers symptômes d’une crise cardiaque et contacter les services d’urgences avant même que vous ne les ressentiez. Si c’est le cas, belle job Apple. Si ce n’est pas le cas, il faudrait que quelqu’un développe une app ASAP à ce sujet (call me).

Communication haptique

La communication haptique est en fait une communication par vibration ou pulsation. En d’autres mots, on communique au travers du sens du toucher. Quand votre téléphone vibre pour vous aviser d’un appel ou que votre manette de jeux vidéos bougent pendant que vous jouez, c’est de la communication haptique.

La montre va avoir un petit moteur pour envoyer de légères pulsations sur votre poignet. Ceci règle en partie le problème du téléphone qu’on ne sent pas vibrer dans ses poches. Cependant, le mouvement ne se fera pas juste pour vous aviser de nouvelles notifications mais également pour vous indiquer si vous devez tourner à gauche ou à droite lorsque vous utilisez l’application Maps. Il y aura même des vibrations différentes selon la direction que vous devez prendre. Vous pouvez aussi utiliser l’application pour envoyer un « tapto » à un autre détenteur d’AppleWatch, envoyant ainsi un signal unique à votre conjoint, par exemple, pour l’aviser que vous voulez partir.

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Très discret, la communication haptique va vous donner de l’information sans regarder un écran. Elle va donner l’impression à vos amis que vous avez le meilleur sens de l’orientation au monde («Oui, c’est la première fois que je suis à Rouyn-Noranda mais il faut tourner ici à gauche, je te le dis») ou que vous êtes télépathe («Oh, ma blonde, qui est dans l’autre pièce, me dit qu’elle n’est pas contente, qu’elle a vu quelqu’un avec les même souliers qu’elle… et qu’elle m’attend dans le char. Je dois partir, bye là»).

On dit que la meilleure technologie est celle qui fait croire que c’est de la magie. Bingo là-dessus.

Fonte dédiée, créée pour le format unique de la montre.

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Vous ne l’avez probablement pas remarqué mais nous avons ici affaire à une nouvelle fonte de la part d’Apple. Facile à lire, plus grasse et moins esthétique que le Helvetiva Neue (le standard iOS 8) et le Lucida Grande (qu’on retrouvera sur le prochain OS X), cette nouvelle fonte est clairement dédiée à la fonctionnalité et la lisibilité sur un petit écran comme la montre.

Elle rappelle d’ailleurs la fonte Roboto de Google, qui avait exactement le même objectif. Un beau travail de design dédié à l’appareil.

Synchronisation. 

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La montre se synchronise avec l’iPhone. Si vous commencez à lire un courriel sur votre montre, le courriel apparaîtra automatiquement sur votre téléphone si vous déterminez que c’est l’appareil le plus convenable pour répondre.

À partir du iPhone, en utilisant la technologie Continuity qui a été développé pour iOS8 et Yosemite (le prochain OS X de Mac), cette synchronisation se fera aussi avec votre iPad et votre Mac. Encore une fois, un détail qui sera fort apprécié dans son utilisation quotidienne.

 

Pensée aussi pour les gauchers.

Si, si. En gros, si vous voulez mettre la AppleWatch sur le poignet droit, vous pouvez. La molette se retrouvera alors sur le côté gauche, sous le bouton dédié aux amis. C’est niaiseux mais c’est un gros avantage sur une montre traditionnelle chez les gauchers. Amis gauchers, commandez-vous immédiatement une smartwatch.

Les moins

Son hyperdépendance au iPhone.

thatsamoreC’est certain que le AppleWatch n’allait pas fonctionner avec un appareil Android, Windows ou Blackberry. Même les notifications Bluetooth minimales ne fonctionneront pas à partir d’un autre appareil. Si vous n’avez pas de iPhone 5 ou 6, ne considérez pas acheter la AppleWatch. Ce choix met quand même de côté tous les propriétaires de iPod Touch (très populaire chez les jeunes), de iPod Nano (utilisé par les sportifs) ou de iPad, même les plus récents.

Je comprends que je ne pourrai pas communiquer avec les autres sans mon téléphone à proximité, les antennes de transmissions LTE et Wifi étant dans le iPhone. Mais puis-je laisser mon téléphone à la maison et utiliser juste la montre pour certaines activités? Est-ce que je peux aller courir et faire mon tracking  sans trimbaler mon téléphone? (mise à jour : la réponse est oui. «They were showing off the device’s fitness capabilities, which do not need the iPhone to work.») L’absence de GPS, de wifi, de LTE et de baromètre (!!!) dans la montre semble confirmer que dans la plupart des cas, le coeur des fonctionnalités va demeurer sur l’iPhone. C’est à se demander si la montre pourra même me donner l’heure si je n’ai pas mon téléphone. J’exagère mais j’ai quand même hâte de voir ce qui sera possible de faire sans iPhone.

Les fausses activations

Je me contredis un peu mais j’ai l’impression que la couronne peut être aussi problématique qu’utile. La mollette de ma montre actuelle est difficile à manipuler, avec raison. La couronne numérique doit être tout le contraire mais qu’est-ce que ça veut dire. Si je cours avec ma montre et qu’elle se promène un peu sur mon poignet, est-ce que la molette sera activée? Ou est-ce que mon chandail peut activer une fonction à mon insu. La couronne est décentrée vers le haut mais est-ce suffisant pour éviter les fausses activations? Une montre, ça s’accroche beaucoup et je suis très curieux de voir ce qu’Apple a fait pour éviter les fausses actions.

Le bouton « Amis » dédié

App amisApple a placé deux interfaces physiques sur la montre : la couronne et le bouton situé en-dessous qui nous amène directement à l’app Amis. Cette application présente vos contacts préférés et vous donne la possibilité de les contacter rapidement, par messagerie, tapto ou téléphone.

C’est bien mais pourquoi Apple force les utilisateurs à associer cette application à ce bouton. Pourquoi elle ne laisse pas l’utilisateur déterminer l’application qui sera associée à ce bouton? Si j’utilise plus fréquemment l’application Maps, il serait bien plus pertinent pour moi d’utiliser le bouton pour cette fonction. C’est un peu typique d’Apple de déterminer ce genre de truc, de décider ce qui est « le mieux pour l’utilisateur » mais il faut donner un peu de liberté à l’utilisateur, surtout dans ce cas-ci.

Les apps qui partagent les mêmes couleurs seront difficiles à distinguer

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Par défaut, les applications natives similaires partagent les mêmes couleurs. Par exemple, le téléphone et la messagerie utilisent le même vert alors que le chronomètre, l’alarme et la minuterie partagent le même orange.

Or, dû à la taille réduite de l’écran, trouver une application particulière pourra être difficile. Vu l’absence de texte associé aux icônes, on demande aux utilisateurs d’apprendre la signification des différentes icônes, mais si des icônes similaires partagent la même couleur, la possibilité d’erreur est très élevée. Je m’attends à ce que plusieurs utilisateurs vont faire le ping-pong entre les applications et l’écran d’accueil, se trompant fréquemment entre deux applications de la même couleur.

Même avec le système de classification qu’Apple a nommé « quartier », le système va demander une certaine gestion de la part de l’utilisateur et surtout, une mémorisation sur les endroits où sont placés les différentes applications dans la page d’accueil. Est-ce qu’il va exister un système évolutif où la montre va se rappeler nos applications préférées et les placer plus près du quartier central? Possiblement. Mais Apple devrait peut-être diversifier aussi les formats des apps (des ronds, des losanges, des polygones) pour faciliter leurs reconnaissances et possiblement utiliser différentes teintes de couleurs pour des applications similaires.

Communication entre Watcheux seulement.

Comme mentionné précédemment, Apple a développé un système de communication où je peux envoyer des messages heptiques, des dessins ou mon rythme cardiaque à un ami qui possède lui aussi une montre (et qui a son téléphone pas trop loin de sa montre). Est-ce possible d’envoyer le même message à un ami qui a juste un téléphone? Non! Même s’il a un iPhone? Toujours non! Ah, dommage. Mais d’autres apps prendront peut-être la relève.

Le prix.

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À 350$ aux États-Unis pour le modèle de base, on peut facilement croire que la montre sera autour de 400$ ici, 450$ avec les taxes. Et ça, ça va être pour la petite montre de base avec le bracelet en plastique. Aouche! Très aouche! Je peux m’acheter une très belle montre traditionnelle à ce prix-là. Alors imaginez le prix pour la version en or 18K avec le bracelet le plus cher.

Je sais, on parle d’un mini-mini-ordinateur plus puissant que celui dans la station spatiale et ça, ça vaut bien 1000$. Mais comparé aux prix des montres Android Wear, qui ont peut-être moins de fonctionnalités mais qui couvre assez bien les fonctions de bases (heure, notifications, communication avec le téléphone), il serait probablement plus logique d’acheter un téléphone et une montre Android que d’acheter une AppleWatch. Mais bon, Apple, c’est Apple, la qualité est indéniablement au rendez-vous et le premium en vaut peut-être la peine. Tout de même, c’est cher.

Un seul style de montre.

Même s’il existe deux grandeurs, trois versions de métal et 6 types de bracelets (dans une variété de couleurs), la montre a tout de même un seul look, un seul style, carrés avec les coins ronds. Je connais des fashionistas qui CA-PO-TENT quand quelqu’un a la même paire de souliers qu’eux dans une fête, même si c’est de couleurs (et de tailles) différentes. Comment vont-elles réagir face à cette montre? Est-ce que les bracelets seront assez pour distinguer deux AppleWatchs? C’est certain qu’il va y avoir un marché pour des bracelets 100% uniques, mais est-ce que ce sera assez? Personnellement, ça me chicote un peu.

L »absence de mode « nocturne »

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La Moto 360 vient avec un socle pour déposer la montre lors de la recharge nocturne et ainsi, transformer la montre en horloge de chevet pendant qu’elle recharge. L’interface tourne alors de 90 degrés, rendant ainsi facile la lecture de l’heure lorsqu’on est couché. C’est très bien pensé.

WatchMagSafe

De son côté, Apple utilise un système d’aimant similaire au MagSafe qui vient se coller derrière la montre. Le système ne permet malheureusement pas d’utiliser la montre comme horloge de côté pendant qu’elle recharge. Il y a fort à parier que des accessoires seront développés en conséquence mais la montre ne semble pas se mettre dans un mode « nocturne ». En fait, selon ce qu’on voit, on a l’impression qu’on ne peut déposer que la montre à plat, possiblement sur le chargeur ou sur l’écran, pendant qu’elle charge. La montre sortant dans 5 mois (au minimum), il n’est pas trop tard pour développer un mode « nuit » et un accessoire pour laisser la montre fonctionnelle pendant qu’elle charge mais Apple ne l’a pas mentionné.

D’autres questions à se poser

Il reste quand même deux questions importantes après tout ça qui va peut-être déterminer si, oui ou non, il faudrait l’acheter.

Est-elle à l’épreuve de l’eau?

C’est certain que vous ne pourrez pas vous baigner avec mais est-elle résistante à un peu d’eau? Puis-je laver ma vaisselle avec ma montre? Et s’il pleut beaucoup? Ce n’est pas comme un téléphone qui est sensiblement protégé par une poche. Si elle n’est pas résistante à l’eau, je m’attends à beaucoup de visites déçues au Genius Bar du Apple Store. Mise à jour : elle est résistante à l’eau mais pas à l’épreuve de l’eauÇa veut dire qu’on peut l’utiliser quand il pleut, mais on ne peut pas faire la vaisselle avec. Il va falloir que je m’en rappelle quand je vais aller au chalet.

Puis-je utiliser la montre pour faire du Apple Pay même si j’ai un « vieux » iPhone 5?

La montre a la capacité « NFC » de pouvoir payer sans sortir son portefeuille mais le système Apple Pay semblait dédié aux iPhone 6 uniquement. Est-ce qu’il sera possible de l’utiliser avec la montre même si on a un iPhone 5? Si c’est une question de sécurité et du TouchID, peut-on au moins l’offrir aux détenteur de iPhone 5S? À voir en 2015.

 

Et alors, est-ce qu’on achète?

Hmm, bonne question. Il y a vraiment une tonne de fonctionnalité dans la montre et celle-ci peut combler plusieurs besoins mais est-ce vraiment des besoins qu’on a absolument besoin de combler? (réponse : nope!). De plus,  la très très grande majorité des fonctions proposée dans la montre existe ou peut exister dans le téléphone, à l’exception peut-être du suivi de santé en temps réel. Surtout, avons-nous besoin d’un écran supplémentaire à son iPhone qui sera installé en semi-permanence sur le poignet? Pas certain.

Aussi, rappelons-nous que les premières générations des derniers appareils de Apple ont semblé intentionnellement limitées pour favoriser l’achat de la seconde version. Le iPhone original était 2G alors que le 3G était déjà le standard. Le iPad 1 n’avait pas de caméra alors qu’il était l’appareil idéal pour la vidéoconférence maison. Est-ce possible qu’une fonctionnalité importante ait été intentionnellement « oublié » de la première génération de la AppleWatch et qui va apparaître soudainement pour la 2e génération en 2015? Honnêtement, je ne sais pas qu’est-ce qui a pu être oublié, à l’exception peut-être d’une interface ronde comme la Moto 360 qui semble être beaucoup plus populaire. Le fait que personne n’a attaqué cette caractéristique durant la conférence, ce qui est un peu contraire à l’arrogance «cupertinienne» face à Android et Google, représente peut-être ce que sera la AppleWatch 2. Réponse en 2016

Mais en fin de compte, est-ce qu’on doit l’acheter? Si vous n’avez pas de montre et que vous aviez un budget de 400$ pour vous en procurer une, pourquoi pas.  Si vous êtes cardiaque et qu’il y a, en effet, une app de suivi de rythme cardiaque, absolument. Sinon, posez-vous la question si vous ne vous créez tout simplement pas un besoin, ce qu’Apple semble être très bonne à inciter. Le suivi d’activités en temps réel est intéressant, mais il existe des montres ou des bracelets qui font exactement la même chose à une fraction du prix.

Personnellement, si la Moto 360 fonctionnait avec iPhone, ce serait mon premier choix pour remplacer ma vieille montre toute égratignée. Elle a les fonctions et le look que je veux à un prix que je veux. Vu que ce n’est pas possible, je vais continuer à utiliser ma vieille montre égratignée… jusqu’en 2015.

 

Publié dans Médias et nouvelles technologies, UX Design

L’algorithme Panda 4.0 de Google et l’impact sur le UX

Au travers de ses nombreuses mises à jour, Google veut s’assurer que les résultats de recherches qu’il propose sont de plus en plus pertinents pour l’utilisateur. Avec la mise à jour Panda 4.0, Google a encore une fois amélioré son algorithme à cette fin. Google demeure un gros ordinateur et se base sur des calculs mathématiques pour faire ses recommandations, mais ce qui ressort, c’est que l’expérience et la pertinence pour l’utilisateur deviennent de plus en plus importantes dans ces calculs. Michael Cottam a publié sur MOZ.com, un site dédié au marketing web, ce qu’il déduit être les nouvelles bonnes pratiques pour Google après Panda 4.0. Je regarde ici l’impact que les recommandations de Cottam peuvent justement avoir sur l’expérience-utilisateur. 

Panda

Si vous travaillez dans le web, vous connaissez certainement l’optimisation pour les engins de recherche, mieux connu sous le joli sobriquet de SEO (Search Engine Optimization). L’objectif d’un spécialiste SEO est de faire apparaître le site d’un client pour un mot-clé donné dans les premiers résultats de recherche, que ce soit en optimisant et promouvant du contenu pertinent pour l’utilisateur ou au travers des tactiques plus obscures. Le Graal, c’est d’arriver tout premier comme résultat organique (ou naturel) pour un mot-clé hyper-convoité dans l’industrie du client.

En coulisses, c’est un peu un jeu de chat et de la souris qui se fait entre les principaux moteurs de recherche de ce monde (Google étant roi et maître) et les spécialistes de l’industrie SEO. Alors qu’initialement, il était assez simple de tromper le moteur de recherche avec un peu de linkbuilding, du texte blanc sur fond blanc et des métatags dans le footer, la réalité est tout autre aujourd’hui. Dans les dernières années, Google a constamment amélioré l’algorithme de son engin de recherche pour déjouer les tricheurs et s’assurer de présenter du contenu de plus en plus pertinent à ses utilisateurs. Cet algorithme est gardé bien secret par Google et tout ce que les employés disent, c’est que du contenu de qualité et pertinent pour l’usager est récompensé alors que les tactiques douteuses et non-approuvées de référencement (aussi appelées techniques Black Hat) sont punies. On entend souvent dire que SEO is dead, mais la réalité est plutôt que le Black Hat SEO est mourant alors que le contenu qui répond aux besoins des utilisateurs dans un environnement optimisé pour l’expérience de l’utilisateur (UX), et non pas pour l’algorithme de recherche, sera de plus en plus récompensé.

Si vous voulez être certain d’apparaître dans la première page, vous pouvez toujours vous tourner vers le référencement payant (le fameux PPC) qui est, soit dit en passant, la source de revenu principale des 56 milliards de dollars qu’a fait Google en 2013. Cependant, pour ne pas payer trop cher pour rien, même votre référencement payant doit être pertinent (mais ça, c’est un autre sujet).

Alors, pour revenir à notre algorithme, la dernière mise à jour de Google a eu lieu en mai dernier et s’appelle Panda 4.0. Les experts SEO ont alors (re)commencé leur travail de déconstruction pour comprendre ce qui a changé et ont déjà trouvé des patterns que Michael Cottam a bien résumé dans ce vidéo de MOZ.

Le Whiteboard de Cottam dans son article sur Moz.com

5 points sont sortis de ce travail de déconstruction selon Cottam, que je traduis ici librement :

  1. Du contenu lourd dans une architecture amincie (thin architecture and thick content) : il est préférable, pour Google, d’avoir moins de pages dans son site, mais que celles-ci soit plus lourdes en terme de contenu, les pages ayant 1500 mots ou plus se classant mieux.
  2. L’origine du contenu dupliqué : le contenu textuel dupliqué a toujours été puni par Google, mais celui-ci est maintenant en mesure de déterminer à qui revient le crédit pour ce contenu, à condition de respecter certaines règles.
  3. L’importance du premier pli (top-heaviness in the first fold) : Google prend en compte ce qui se retrouve dans le premier pli d’une page et donne une valeur augmentée au contenu apparaissant dans ce premier pli, en excluant toutefois ce qu’il considère comme du non-contenu (bannière, menu, logo cliquable).
  4. L’originalité de l’image : Google serait maintenant aussi conscient des images utilisées et donnerait une valeur augmentée à une page qui utilise des images originales.
  5. L’expérience interactive : l’utilisation de modules embeddés comme Google Maps, Youtube et Vimeo dans le contenu donne une expérience enrichie à l’utilisateur et ceci est récompensée par Google, à condition de bien le faire.

L’impact sur le UX des recommandations de Cottam

Alors, basé sur les recommandations de Cottam pour faire des pages que le Panda va aimer, quel est l’impact sur le UX? Allons-y un par un.

Masse de contenu – Thin (Thick) content.

On aime les nombres et un numéro magique est ressorti de sa présentation : 1500. Comme dans le fait qu’une page comptant 1500 mots ou plus sera mieux considérée qu’une page en comptant moins. Or, parlez-en à un rédacteur et voyez sa réaction quand vous lui direz qu’une page doit maintenant comporter 1500 mots. C’est vraiment pas facile, mais la logique est quand même intéressante : plutôt que d’étaler du contenu sur plusieurs pages (ce qu’on appelle une architecture élargie ou wide architecture) il est préférable de le concentrer sur moins de pages (architecture amincie ou thin, narrow architecture). Ceci va à l’encontre des tactiques de SEO des premières années où on préférait créer une multitude de sujets, donner une page dédiée par sujet et les interlinker pour gagner des galons en référencement. Il faut aujourd’hui fusionner tout ce contenu étalé dans moins de pages.

Cottam dit que des pages aussi longues peuvent cependant avoir un impact négatif sur le UX et il a raison. En UX, on dit toujours que l’utilisateur ne lit pas le contenu, mais le survole rapidement jusqu’à ce qu’il trouve ce qu’il recherche ou quelque chose qui ressemble à ce qu’il recherche (le principe de satisficing). Toutefois, trop de contenu peut lui faire peur et le décourager.

Pour contourner cet accroc UX, Cottam propose de créer des sous-pages en dossier (tabbed navigation) au travers du code javascript (tout le contenu va apparaître dans une seule page pour Google mais dans une multitude de sous-pages pour l’usager). Cependant, il ne faut pas oublier un autre principe fort en UX : scrolling is easier than clicking. À ce sujet, je propose une alternative que vous devriez considérer dans votre design de structure : en utilisant un bon système de titres et d’anchors, en mettant des titres (H1), des sous-titres (H2, H3 et H4), des citations et même du contenu en gras ou en italique pour bien faire ressortir ce qui est important pour l’usager et le guider vers ce qu’on veut qu’il voit, on contourne la création des sous-sections proposée par Cottam et on n’a pas besoin de «tromper» Google. 

Alors que Cottam suggère d'utiliser des sous-divisions en dossier (image de gauche) pour présenter l'ensemble du contenu de façon condensée, je propose une alternative où on respecte l'intention de Google et qu'on présente le contenu entier (image de droite), mais de façon structurée.

Alors que Cottam suggère d’utiliser des sous-divisions en dossier (à gauche) pour présenter l’ensemble du contenu de façon condensée, je propose une alternative où on respecte l’intention de Google et qu’on présente le contenu entier (à droite), mais de façon structurée.

Sur mobile toutefois, je conserverais sa recommandation et je segmenterais du long texte dans des sous-sections qui vont s’ouvrir en accordéon, tout en conservant un texte d’intro. 

Les usagers n'aiment pas scroller trop longtemps sur un téléphone mobile. Pour une expérience optimisée, divisez le texte en sous-section qui se dévoile en accordéon.

Les usagers n’aiment pas scroller trop longtemps sur un téléphone mobile. Pour une expérience optimisée, divisez le texte en sous-sections qui se dévoilent en accordéon.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il faut toujours être conscient de l’environnement et de la plateforme de l’utilisateur avant de déterminer la structure de la page, peu importe ce que l’engin de recherche permet.

Contenu original vs contenu dupliqué

Qui est l’auteur original d’un contenu qui a été dupliqué par plusieurs sites et comment s’assurer que le référencement revient à l’auteur original? Cottam donne un exemple intéressant, soit celui des communiqués de presse. D’un point de vue des relations publiques, plus votre communiqué est diffusé et dupliqué, mieux c’est. Cependant, d’un point de vue SEO, votre communiqué dupliqué à des dizaines, voire des centaines de reprises, peut se retourner contre vous. Comment faire pour retourner cette situation à votre avantage?

Avant tout, si c’est pertinent, assurez-vous de mettre un lien dans votre communiqué et que celui-ci dirige vers une page dédiée sur votre site. Un peu de linkbuilding ne fera pas de tort et plusieurs éditeurs copient et collent sans faire attention à votre communiqué. Cependant, avec le nouvel algortihme Panda, si vous voulez que votre communiqué ressorte en premier sur Google et que les utilisateurs visitent votre site, bonifiez votre version du communiqué qui se retrouvera sur votre site. Insérez des images, mettez du contenu supplémentaire, insérez un Google Maps et utilisez Google Authorship, par exemple.

En d’autres mots, créez deux versions de votre communiqué : une allégée qui sera envoyée aux autres médias et une bonifiée qui sera utilisée sur votre site. Google est maintenant en mesure d’exclure le fla-fla entourant votre communiqué sur les autres sites et reconnaître que vous êtes l’auteur original. La même chose peut être fait pour d’autres contenus qui se retrouveront dupliqués sur d’autres sites. Assurez-vous d’offrir du contenu bonifié et vous devriez recevoir l’attention.

L’importance du premier pli (top-heaviness)

Non, Google, non!!! Pourquoi tu as fait ça? Ça fait des années qu’on se bat avec des clients pour leur dire que les utilisateurs défilent le contenu (scrollent) et qu’il n’est pas nécessaire de tout compresser dans le premier pli (first fold – ce qui apparaît à l’écran avant qu’on ne commence à scroller). Là, va falloir se battre avec cet argument que tu leur donnes. Je te hais un peu aujourd’hui.

Blague à part, ce que ça veut dire avant tout, c’est que le contenu qui se retrouve dans le premier pli d’une page a une valeur plus importante que ce qui se retrouve sous le premier pli. Ce n’est plus une notion des premiers mots qui sont récompensés, mais bel et bien ce qui apparaît dans le premier pli. Selon Cottam, le Panda calcule ce qui apparaît dans les premiers 1200 pixels de hauteur par 1000 pixels de largeur d’un site et détecte le contenu qui est présent dans cette zone, excluant tout ce qui est du non-contenu, dont la barre de navigation, les bannières publicitaires et le logo dans le haut-de-page. 

Le contenu présent dans le premier 1200 x 1000 pixels d'un site aura une valeur supplémentaire aux yeux de Google.

Le contenu présent dans le premier 1200 x 1000 pixels d’un site aura une valeur supplémentaire aux yeux de Google.

Ne tombez pas dans le piège de tout compresser dans le premier pli, mais assurez-vous tout de même de bien balancer l’espace utile, le prime real estate, entre le contenu et les autre éléments. Ne faites pas des menus excessivement larges, limitez l’espace publicitaire et assurez-vous que le premier pli respecte le blink test. Pour ça, il faut que le contenu apparaissant dans le premier pli soit pertinent pour l’utilisateur, ce que considère maintenant Google.

L’originalité de l’image – Image fabulosity

Google détecte probablement les images qui sont dupliquées. En d’autres mots, si une même image est utilisée sur plusieurs sites, il y a des chances que ces sites soient pénalisés. On pouvait toujours tricher à une certaine époque en changeant tout simplement le nom du fichier, mais ça ne fonctionne probablement plus. Il faut aujourd’hui bonifier les images qui sont prises d’un autre site, les modifier assez pour que Google les considère comme uniques et originales.

Une recommandation que je ferais à ce point-ci est de minimiser le plus possible l’utilisation de stock photo, soit du matériel provenant d’un site de vente de photographies, souvent à bas prix, comme istockphoto ou shutterstock. D’un point de vue optimisation de la conversion (une des sous-branches du UX et de l’Analytique), on recommande d’éviter ce type de photos. Les utilisateurs détectent de plus en plus le stock photo et dans les tests A/B, on voit que ceux-ci ont souvent un impact négatif sur le taux de conversion. Du stock photo, c’est facile à utiliser, mais ça peut faire des dommages à votre expérience-utilisateur et à votre optimisation pour les engins de recherches.

Attention à l’utilisation de stockphoto. En plus d’être de plus en plus reconnaissable par les utilisateurs, cette pratique peut nuire aussi à votre positionnement sur Google.

Dès que vous pouvez, utilisez des photos originales, l’idéal étant de prendre vos propres photos. Elles ne seront peut-être pas aussi professionnelles que du stock photo, mais elle seront authentiques et ça, c’est bon pour votre SEO et pour votre expérience-utilisateur. Si vous n’avez pas le choix d’utiliser des images provenant de banque de photos, assurez-vous de les modifier pour vraiment l’adapter au contenu de votre page. Faites des montages s’il faut, mais ne faites pas juste du copier-coller.

Petit aparté : alors que j’écrivais cette section de l’article au marché Jean-Talon, je me disais que ça me prendrait une image unique pour définir le panda. Je me lève les yeux et au loin, je vois le graffiti de panda qui est utilisé dans cet article. Quelles sont les chances de tomber sur un graffiti de panda quand on en a besoin? Il faut croire que j’ai un bon karma. 🙂

L’expérience interactive

Du contenu web, c’est plus que du texte et des images. Ça inclue aussi des fonctionnalités externes qui sont insérées dans votre page, comme des vidéos, des cartes  ou des formulaires. L’insertion de ces modules améliore l’expérience utilisateur, la rendant plus interactive et ça, le panda de Google aime ça.

Michael Cottam nous dit cependant de faire attention à la façon dont on insère ces modules interactifs et d’éviter de les insérer comme des iFrames. Le hic, c’est que ça semble être le embed par défaut pour plusieurs modules comme Youtube, Vimeo et Google Maps. Ne copiez pas juste le code d’intégration (embed code) et privilégiez, dès que c’est possible, l’API de ces modules. Pour Youtube, Cottam recommande d’utiliser le vieux code d’intégration plutôt que le nouveau (l’option existe toujours, profitons-en).

Michael Cottam recommande d'utiliser le vieux code d'intégration de Youtube. L'algorithme Panda le préfère au nouveau code.

Michael Cottam recommande d’utiliser le vieux code d’intégration de Youtube. L’algorithme Panda le préfère au nouveau code.

D’un point de vue UX, je suis d’accord avec lui, tant que l’ajout de ces modules est pertinent pour l’usager. Bref, insérez des modules externes dans vos pages si c’est réellement utile, mais faites plus que le minimum nécessaire quand vient le temps de faire ces intégrations. Entre autre, n’oubliez pas d’insérer une description textuelle de ce que comporte le vidéo dans la page où ce sera inséré. En plus d’être bon pour le SEO, il ne faut pas oublier que certains usagers n’ont pas le goût de regarder la vidéo ou préfèrent savoir de quoi il s’agit avant d’investir plusieurs minutes à l’écouter.

De plus, en optimisant ces outils sur votre propre site, vous vous assurez également de bien ressortir dans les autres fonctions de Google comme Youtube, Google Maps et Google Locals. Il ne faut pas oublier que l’expérience-utilisateur, la relation avec votre entreprise, commence très souvent dans la page de recherche de Google et qu’une présence optimisée dès le premier contact est une très bonne idée.

Et après Panda?

Google travaille à rendre son engin de recherche de plus en plus pertinent, de s’assurer que le contenu qu’il suggère est bel et bien utile par rapport à la requête posée. Plus les algorithmes de Google vont évoluer, plus il sera difficile de tricher. Et à la fin, le contenu de qualité, distingué, unique, pertinent et honnête que vous aurez fait au travers des années, du contenu centré sur les besoins de l’utilisateur, vous fera gagner des galons dans les moteurs de recherche. Évitez les tactiques obscures du SEO (et du UX), respectez votre auditoire et Google vous récompensera.

Publié dans UX Design

Sur l’utilité de la petite poche à cellulaire sur mes shorts Gap

Je n’use pas rapidement mes vêtements dans la vie. J’ai encore des t-shirts qu’on m’a donnés du temps où je vendais des snowboards quand j’étais au CÉGEP et côté pantalon, j’ai été obligé de changer ma garde-robe uniquement parce que j’ai perdu du poids. Croyez-moi, c’est parfois un défi de ne pas passer pour un hipster ironique avec mes vêtements d’une autre époque et mes t-shirts datant vraiment de 1998. Bref, je n’achète pas souvent du linge.

Je me suis commandé quelques shorts cette année chez Gap. Or, quel ne fut pas ma surprise de trouver une petite poche dédiée à mon cellulaire sur une de mes paires, une nouveauté pour moi. Cette poche est juste assez étroite pour insérer mon iPhone et est située à quelques centimètres de la poche principale du côté droit.

petitepoche

Je me suis posé la question sur l’utilité de cette mini-poche (et je me suis demandé initialement si elle n’était pas dédiée à la monnaie mais non, j’ai essayé et c’est trop difficile d’aller chercher les sous dans la poche : elle est trop serrée). Est-ce vraiment l’endroit optimal pour mon téléphone? Est-ce que ce dernier ne risque pas de tomber? Est-ce que le téléphone va me rentrer dans le ventre quand je vais m’asseoir et rendre ça inconfortable? Est-ce que je risque de casser ma vitre si je me penche?

J’avais déjà des poches normales sur mes vieilles shorts, mais il y a une problématique avec les poches normales :

  • le téléphone a une vitre qui est quand même facile à égratigner;
  • dans les poches, on met souvent les clés;
  • clés + téléphone = égratignure permanente sur la vitre du téléphone.
  • égratignure = propriétaire triste.

Après un test, la petite poche avait son utilité, mon téléphone avait son nid douillet, c’était confortable pour moi, il n’y avait pas de risque de casser l’écran. Yé, je me mets à l’utiliser.

Mais dernièrement, à force de l’utiliser, j’ai trouvé une fonction supplémentaire à cette poche, plus subtile, mais beaucoup plus pratique que son côté anti-égratignure. Avec le recul, je dois féliciter le designer à ce propos.

La fonction cachée, mais hyper-utile de la poche dédiée

Quand on met le téléphone dans la poche normale, il arrive fréquemment qu’il vibre, mais qu’on ne s’en rende tout simplement pas compte. On peut ainsi manquer un appel important du président des États-Unis, un texto nous avisant qu’Air Canada a subitement décidé que notre vol partira 5 heures en avance ou une push notification qui nous avise que notre Tamagotchi va décéder si on n’intervient pas à la seconde. En d’autres mots, la communication entre le téléphone et l’utilisateur ne se fait plus, le message ne se rend pas à temps et la notion de notification «en direct» n’est plus respectée. On rit, mais pour certaines personnes, ce «débranchement» peut vraiment être problématique, voire dramatique.

Un autre problème avec la poche sur la cuisse, c’est qu’on a aussi parfois un “phantom vibration effect”,  une triche neurobiologique qui nous donne l’impression que le téléphone vibre sur la cuisse alors que ce n’est pas le cas. Ça peut être aussi causé par un mouvement involontaire du muscle de la cuisse qui joue un tour aux nerfs, nous faisant alors croire que le téléphone vibre.

Si on met le téléphone dans la poche cargo, c’est pire encore puisqu’il n’y a pas de contact entre cette poche et le corps, même quand on est assis. À ce moment, on se fie uniquement à la sonnerie. Par contre, le son est parfois étouffé par la quantité de tissu entourant la poche, ce qui fait que la vibration ne sert aussi à rien. De plus, si vous avez encore un Motorola Dynatac , le fait de le mettre dans votre poche cargo va indubitablement vous péter le genou et mettre fin à votre carrière de défenseur du Canadien de Montréal. Aouche.

On voit très bien l'espace entre la cuisse et la poche. Si le téléphone vibre, on ne le sent pas.

On voit très bien l’espace entre la cuisse et la poche cargo. Si le téléphone vibre, on ne le sent pas.

Cependant, avec la petite poche dédiée, le téléphone est en contact direct avec l’os du bassin. Quand le téléphone vibre, on ne peut pas l’ignorer. Et l’os du bassin ne peut pas faire de “phantom effect ». Bref, l’endroit est idéal pour placer notre téléphone intelligent pour s’assurer de ne pas manquer les notifications que l’on reçoit par vibration. «Hello Mr. President, my departure time has indeed been changed but we won’t miss our one-and-one meeting and don’t worry, my Tamagotchi is doing better, thanks for asking»

Pour cette raison, je tiens à féliciter la personne qui a pensé à cette petite poche dédiée aux téléphones intelligents de taille normale, placée à un endroit optimal. Well done, my friend, well done.

Et le rapport avec le web?

Je vous entends : c’est quoi le rapport entre un short Gap et le web? Je vous réponds que l’expérience-utilisateur va bien au-delà du web et des ordinateurs. Je ne désire pas m’insérer dans l’industrie de la mode et je n’ai pas l’ambition de partir ma collection de vêtements (à chacun sa spécialité) mais de la même façon qu’une interface n’est pas seulement sur un écran (une poignée de porte est une interface), l’expérience-utilisateur se vit partout et un bon design a un impact positif partout.

Je soulève aussi la notion de Construction Sociale d’une Technologie (Social Construction of Technology ou SCOT) qui inverse le déterminisme technologique : ce n’est pas la technologie qui détermine comment l’humain l’utilise, mais plutôt la construction sociale, l’intervention humaine, qui détermine comment on utilise la technologie.

Dans ce cas, il faut considérer la petite poche comme une innovation technologique (si, si)! Il faut comprendre comment l’acteur qu’est le téléphone intelligent et sa fonction de vibration, en contact avec un acteur humain (ou un groupe d’acteurs humains), ont fait évoluer le short et ses poches pour s’adapter à ce nouveau besoin de bien recevoir les communications en tout temps. La même notion de construction sociale se retrouve dans le design de nouvelles fonctions de site web (ou d’une application) et toute la notion de construire une histoire au travers de la définition de personas, d’un workflow et d’un storymapping, revient à faire de l’empathie, à essayer de comprendre les différents acteurs présents (humains et non-humains), leurs besoins et leurs limites, pour construire ces nouvelles fonctions de façon optimale. Et c’est là une des valeurs ajoutées de travailler avec un expert en expérience-utilisateur (idéalement, un expert qui a une maîtrise en médias de masse et nouvelles technologies).

 

Publié dans UX Design

Comment faire un test d’utilisabilité sur un budget

Tester, c’est très bien. Idéalement, sur tous les projets, on intégrerait les tests d’utilisabilité (user testing) dans le processus : faire des prototypes, demander à des usagers de tester le prototype, détecter les points de friction avant qu’ils ne soient développés, s’ajuster, développer, retester, modifier et ensuite lancer. Et pourtant, sur la plupart des projets de développement web, on saute la partie des tests, on assume le comportement des usagers, on développe par instinct, on lance le site et on espère qu’on ne s’est pas trompé. 

Steve Krug nous donne plusieurs trucs dans ses livres pour faire des tests facilement, sans chichi.

Steve Krug nous donne plusieurs trucs dans ses livres pour faire des tests facilement, sans chichi.

Une des principales raisons pour laquelle on ne fait pas de test d’utilisabilité, c’est parce qu’on a l’impression que ça peut coûter très cher et que ça peut demander beaucoup de ressources : mise en place d’un labo, achat d’équipements spécialisés, besoin d’une armée de spécialistes. Pourtant, on peut facilement faire des tests à une fraction des coûts et dans un temps très restreint. Et à la fin, on développe avec beaucoup plus de confiance, on est certain d’avoir réduit le nombre d’erreurs ergonomiques et on élimine un maximum de points de friction avant de lancer le site.

Beaucoup des conseils qui vont suivre proviennent du livre de Steve Krug, Rocket Surgery Made Easy, et de ma propre expérience. Si vous voulez lire un bon livre sur les tests utilisateurs, je vous le recommande chaudement. Et en plus, Steve nous donne accès à d’excellentes ressources, comme un modèle de formulaire de consentement.

Voici donc, juste pour vous, cher lecteur, comment faire des tests utilisateurs «on a budget».

Pour tester un site web sur un ordinateur

Si vous contactez une agence spécialisée en recherche sociale (les mêmes agences qui font des focus group, des entrevues), ils vont vous vendre la totale, vous allez assister aux tests derrière un miroir sans teint, dans un sofa en cuir, pendant que le test a lieu de l’autre côté de la vitre. Parfois, c’est nécessaire d’avoir la totale, d’investir des dizaines de milliers de dollars en test pour être certain que la nouvelle interface fonctionne bien.

Pourtant, dans la vaste majorité des projets, on peut faire des tests sur un petit budget. Tout ce que ça prend, c’est :

  • un ordinateur Mac ou PC (l’application Silverback n’existe que pour Mac, mais vous pouvez utiliser n’importe quel logiciel de capture d’écran);
  • et/ou une tablette (si c’est ce qu’on teste);
  • et/ou un mobile (même chose ici);
  • un observateur (souvent, c’est moi, mais ça peut être vous, faut juste être discret et tenter d’influencer le moins possible l’utilisateur);
  • six utilisateurs-testeurs (je laisse habituellement le client trouver les utilisateurs; 5 suffisent, mais juste au cas où un utilisateur ne se présente pas, j’en prévois 6);
  • un formulaire de consentement par utilisateur;
  • des bonbons;
  • le logiciel SilverbackApp (pour Mac seulement, environ 50$) et un logiciel qui diffuse ce qui se passe  à l’écran comme Skype ou join.me;
  • le logiciel AirServer (environ 15$) si on teste sur des iPhone et des iPad:
  • des cadeaux pour les utilisateurs-testeurs.

Qu’est-ce qui manque par rapport aux tests des agences? Le laboratoire, le miroir sans teint, le sofa en cuir et les caméras. Est-ce nécessaire d’avoir un laboratoire? Non. Je dirais même qu’idéalement, c’est préférable de faire les tests hors laboratoire, dans un environnement normal et familier pour l’utilisateur. Selon le principe de Werner Heisenberg (à ne pas confondre avec cet autre Eisenberg), l’observation elle-même peut altérer les résultats des tests. C’est important de minimiser les dérangements et de s’adapter le plus possible aux habitudes de l’utilisateur. Exit donc les grosses caméras. Ce qui est important, c’est ce qui se passe à l’écran et la voix de l’utilisateur. On peut toujours utiliser la petite webcam pour voir les réactions, ce que permet Silverback.

Pour compenser pour le sofa et le miroir sans teint, je diffuse le test par Skype ou join.me sur un ordinateur placé dans une autre salle ou un bureau. Le client et son équipe peuvent donc voir, en direct, ce qui se passe. Sinon, plusieurs clients ne désirent pas assister aux tests et dans ce cas-là, je mets juste les séquences les plus pertinentes dans mon rapport et leur présente en personne ultérieurement.

Avant les tests, préparez votre scénario de tâches que vous voulez tester et utiliser un de vos collègues comme cobaye. Ajustez votre scénario en conséquence. Idéalement, assurez-vous que votre test ne soit pas trop long. Certains tests peuvent prendre juste une quinzaine de minutes, mais vous ne devriez pas dépasser l’heure. 

Une fois le tout prêt, le test est assez simple :

  1. Accueillez l’utilisateur
  2. Expliquez un peu ce qu’on va faire (voir le template de Steve Krug – en anglais) et lui demander de tout dire ce qu’il pense et fait à haute voix
  3. Faire signer le formulaire de consentement (voir un template – encore en anglais).
  4. Partir l’enregistrement (et la diffusion, le cas échéant)
  5. Lui demander d’accomplir les tâches du scénario
  6. Le remercier et lui donner sa récompense
  7. Arrêter l’enregistrement et la diffusion.

Et voilà, un test utilisateur d’accompli sans dépenser une fortune. Il en reste 4 à faire.

Pour une app ou pour des tests sur tablette ou téléphone

C’est un peu plus compliqué, mais pas tant que ça. Il existe quelques applications d’enregistrement directement sur le téléphone comme UX Recorder, mais je préfère utiliser la technologie AirPlay pour diffuser vers un ordinateur ce qui se passe sur la tablette ou le mobile et se servir de cet ordinateur pour capturer et enregistrer la voix de l’utilisateur. Pour ça, j’utilise le petit logiciel AirServer. Ça fonctionne à merveille, ça s’ajuste si l’usager change l’orientation de l’appareil et même le son est dupliqué.

Idéalement, j’ajoute aussi une petite webcam qui est pointée sur la tablette pour voir le mouvement des doigts et la position des mains. C’est moins grave si on ne voit pas bien ce qui se passe sur l’écran puisqu’on le capture en même temps au travers de AirServer.

AirPlay est bien entendu propre à iOS, mais il existe des apps Android pour utiliser la même technologie et ainsi, être en mesure de faire des tests d’applications et de site web sur Android facilement.

Tester à distance, c’est bien

Comme je disais précédemment, le test optimal permet à l’utilisateur de rester dans son environnement. C’est plus efficace, on voit comment l’interface fonctionne dans les différents types d’écrans ou de navigateurs, il n’y a pas de courbe d’apprentissage de l’appareil qui peut fausser les données et on a vraiment de l’information d’utilisation plus enrichie (puisque le type d’appareil peut être diversifié).

Si vos tests peuvent se faire en anglais, considérez utiliser usertesting.com. Pour environ 60 dollars US par séance, vous pouvez faire tester à distance votre site. Attention, le prix de base nous demande de limiter les séances à 15 minutes (l’enregistrement n’arrête pas, mais si ça dépasse les 15 minutes, on vous avise). Vous pouvez poser 4 questions supplémentaires dans un formulaire à la fin de la séance. Le gros avantage, c’est que les séances se font toutes de façon simultanée et il existe des templates de scénario de tâches. En moins de deux heures, on peut monter le scénario et avoir tous les résultats sous la main.

Sinon, il est aussi possible de faire des tests à distance au travers de Skype et join.me. Dans ce cas-là, j’enregistre ce qui se passe à mon écran en utilisant Quicktime et SoundFlower et j’accompagne l’usager dans le scénario comme s’il était dans la même pièce que moi. Si les usagers n’ont pas à se déplacer, ils sont habituellement plus enclins à accepter de faire les tests et on peut en faire plus dans un laps de temps plus court.

Mais je vous entends : «Qu’est-ce qu’on fait pour le mobile?» Dans ce cas-là, je propose aux utilisateurs à distance de faire un “reverse hug” avec leur laptop. En gros, je demande à l’utilisateur de partir leur webcam sur Skype, de tourner le laptop sur la table à 180’, de mettre leurs bras autour du laptop et de pointer la webcam sur l’écran de la tablette ou le mobile. Cette technique a été utilisé par Facebook et Mailchimp pour leurs tests maison avec grand succès. Seul truc : demander à l’utilisateur de réduire la luminosité de l’appareil à 25%. Ça facilite la lecture pour l’observateur.

Les évidences vont ressortir.

Il faut comprendre que les tests d’utilisateurs servent à une chose avant tout : faire ressortir les évidences que nous n’avons pas vues. À la fin, une bonne majorité des problèmes et des erreurs seront détectés avec seulement 5 testeurs. L’aspect le plus important en fin de compte, c’est le scénario des tâches à accomplir. Assurez-vous de lui demander d’accomplir des tâches qui démontreront bien ce que vous voulez tester, mais que les questions demeurent neutres. 

Finalement, écoutez les vidéos avec vos développeurs et votre expert en UX. Ils vont voir eux-mêmes les erreurs récurrents et proposer des solutions rapides. Ça aide énormément à trouver des quickfix.

Ah oui, j’oubliais de vous dire pourquoi ça prend des bonbons? Faites décrocher l’usager une fois de temps en temps. Avec une tablette et un mobile, ça le fait déposer l’appareil et on peut découvrir comment il reprend son appareil naturellement. C’est enrichissant.

Pis des bonbons, c’est bon.

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Besoin d’aide pour vos tests utilisateurs?

Je peux vous aider pour faire des tests utilisateurs sur un budget beaucoup moins élevé que ce qu’offre habituellement les agences spécialisées en recherche sociale. Que ce soit pour rédiger le scénario, faire les tests ou analyser les vidéos, je peux vous assister. N’hésiter pas à visiter ma page LinkedIn pour me contacter ou remplissez le formulaire ci-dessous.

Publié dans Recherche et tests d'utilisabilité

Comment se passer d’un plan de données sans se passer des données

Pas de 3G, pas de Edge. Et pourtant, on peut demeurer "connecté".

Pas de 3G, pas de Edge. Et pourtant, on peut demeurer "connecté".

Depuis l’arrivée des téléphones intelligents en 2006-07, les fournisseurs de services téléphoniques cellulaires offrent, en complément à la téléphonie vocale, des plans de données. Maintenant, accéder à Internet de n’importe où est une réalité de plus en plus fréquente et utilisé par pratiquement tout le monde qui a un smartphone (téléphone intelligent).

Cependant, ces plans de données demeurent chers, surtout au Canada avec son oligopole dans le marché du sans-fil. Bell, Rogers et Telus ne font pas de cadeaux en terme de tarifications et à 50$ par mois, au minimum, pour avoir accès à un plan de données (20$ pour la voix, 30$ pour la donnée), ça peut valoir la peine d’explorer des alternatives.

Au travers de quelques trucs pris ici et là, il est possible de se débarrasser de son plan de données sur son téléphone sans perdre l’accès à Facebook, Twitter, Google ou à ses courriels. Tout ce dont vous avez besoin, c’est d’une connexion Wi-fi une fois par journée, un plan de SMS entrants illimitées (fournis gratuitement chez Fido, Solo et Koodo, entre 3 et 5$ chez Telus, Rogers et Bell) et le tour est joué. Bien entendu, c’est beaucoup plus simple d’utiliser les applications et un plan de données mais au prix qu’on nous charge, ces quelques petits trucs valent la peine d’être explorer.

Les courriels

Je ne suis pas un homme d’affaire qui doit lire et répondre à ses courriels en tout temps. Professionnellement, je reçois une dizaine de courriels par jour, autant au niveau personnel. La plupart du temps, je suis pas trop loin d’un ordinateur et je peux y répondre en temps réel. Sinon, il faut savoir qu’une fois qu’un courriel est reçu dans un iPhone, il demeure dans la mémoire du téléphone pour quelques temps même s’il n’a pas été lu (mais attention, les attachements et les photos peuvent ne pas avoir été téléchargés). J’ai ainsi accès à mes courriels récents en tout temps, même si je n’ai pas de plan de données. Je peux aussi en écrire et dès que je serai de retour près d’un Wi-Fi, le courriel sera envoyé.

Il arrive cependant que je puisse recevoir des courriels « prioritaires » ou « urgents » qui demande mon attention immédiate, même si je suis sur la route. J’ai donc mis en place des filtres qui vont automatiquement rediriger les courriels urgents  vers mon téléphone cellulaire. Comment? Si votre numéro de téléphone chez Fido est le 514-555-1234, il suffit de forwarder les courriels urgents au 5145551234@fido.ca pour recevoir un avertissement par SMS que vous avez reçu un courriel. On lit les 160 premiers caractères et on peut ainsi décider si on contacte ou non la personne qui nous a envoyé le courriel. Le même système courriel à texto existe pour pratiquement tous les fournisseurs de services cellulaires de la planète, il suffit de trouver l’adresse courriel associé à notre téléphone.

La météo

Météomédia a un système d’envoi par courriel de la météo des jours à venir (cliquez sur l’onglet abonnement). Une fois par jour, à 9h00 le matin, Météomédia m’envoie un courriel avec la météo des prochains jours pour les villes choisies. En tout temps, sans être connecté, je peux aller lire ce courriel (qui reste dans la mémoire de mon téléphone) et voir la météo.

Événements sportifs

En juillet dernier, ma blonde a décidé qu’on allait faire du trekking le même jour que la demi-finale Espagne-Allemagne du Mondial 2010. Arrrgggghhhh!!!! Comment faire pour suivre le match et savoir qui des Rojas ou de la Mannschaft allait se rendre en finale en temps réel?

Twitter m’a sauvé la vie. En suivant quelques comptes (dans mon cas, c’était @cnnworldcup) et en activant la notification par SMS pour ces comptes sélectionnés, je recevais en temps réel l’évolution du match, but par but, carton par carton. Pour le hockey, c’est assez simple : il suffit d’activer les notifications pour le compte @CanadiensMtl et on reçoit, en temps réel, les événements marquants du match qu’on manque parce qu’on est au restaurant, à un mariage ou en classe.

Recherche Google

Vous êtes au coin de Dante et St-Laurent et recherchez une pizzeria dans le coin? Demandez à Google par SMS. En envoyant un texto au 466453 (« GOOGLE » sur votre clavier numérique), vous pouvez lui demander tout plein d’information. Google vous répondra par SMS dans les secondes qui suivent. Pour plus d’information, visiter le site de Google SMS.

Horaire d’autobus

Vous pouvez visiter les sites de la STM, de la RTL ou de la STL pour connaître l’horaire des prochains autobus (ou Google Maps) mais si vous n’avez pas accès à Internet, vous pouvez utiliser une petite application pour iPhone qui s’appelle Mtl Mobile. Tous les horaires de toutes les sociétés de transport en commun de la région de Montréal se retrouvent dans la base de données de cette application.

Cartes

J’adore Google Maps mais l’application a un petit défaut : il ne garde pas en mémoire très longtemps les cartes et les trajets. Il faut donc constamment être connecté pour l’utiliser. L’alternative, c’est d’utiliser un logiciel GPS avec toutes les cartes incluses dans l’application. Personnellement, j’utilise l’application Navigon. Ça permet de calculer rapidement les trajets sans se connecter aux serveurs de Google. L’application est quand même assez cher (45$) et demande 1,6 Go d’espace sur votre appareil. Mais si vous ne voulez pas de plan de données, c’est une excellente alternative.

Facebook

Il est très facile de mettre à jour son status Facebook par SMS. On peut également décider de recevoir des notifications par SMS de la part de Facebook sur différents éléments. Personnellement, j’ai décidé de recevoir par SMS mes messages privés et les commentaires qu’on laisse sur mon wall. Je peux aussi répliquer à ces messages privés par SMS. Fait à noter : on peut décider l’horaire où on peut recevoir des SMS, question d’éviter d’être dérangé la nuit. Pour plus d’informations sur ce que vous pouvez faire par SMS sur Facebook, visitez cette page.

Twitter

Twitter a été pensé pour être utilisé par SMS. Vous pouvez mettre à jour votre status Twitter par SMS, recevoir des notifications par SMS lorsque vous recevez un Direct Message (DM) et décider de recevoir en tout temps les status de certains usagers. Par exemple, je reçois un SMS de @stminfo qui m’informe en temps réel les pannes de métros. Comme expliqué précédemment, je vais également suivre les matchs du Canadiens en direct lorsque je suis coincé loin d’une télé ou d’une radio.

Ce qui est intéressant avec Twitter, c’est que c’est très facile d’activer ou de désactiver les notifications par usager : par SMS, il suffit de répondre « on CanadiensMtl » ou « off CanadiensMtl » pour suivre ou non les status du Canadiens; du site twitter.com, il suffit de cliquer sur le téléphone à côté du bouton Following.

Curieux sur comment utiliser Twitter par SMS? Cliquez ici pour le mode d’emploi.

Qu’est-ce qui manque?

À la fin, il y a deux trucs que je n’ai pas réussi à remplacer, dont un qui me manque énormément.

Le premier, c’est les fichiers multimédias. Les SMS, c’est juste du texte. Si vous désirez télécharger images et vidéos à l’extérieur de la maison, vous n’avez pas le choix. Le second, c’est le suivi du trafic. Comme je le mentionnais précédemment, j’adore Google Maps. Un de ces gros avantages, c’est qu’il offre la possibilité de suivre en direct le trafic, savoir quelles routes sont bloqués et trouver un trajet alternatif. L’application ajuste même automatiquement la durée du trajet selon le trafic qui est devant nous. Cependant, pour utiliser ce service, il faut absolument être connecté à Internet. Si je pouvais, je prendrais un plan de données ultra minimaliste juste pour ce service.

C’est certain, si vous êtes constamment sur la route et avez besoin d’un accès constant à vos courriels ou à Internet, ces trucs ne sont pas pour vous. De la même façon, si vous habitez en banlieue et que vous utilisez votre trajet en transport en commun pour lire des articles et jouer en ligne, vous avez besoin de votre plan de données. En fait, il existe plusieurs raisons pourquoi vous désirez garder votre plan de données. Mais il est très possible de demeurer connecté sans plan de données sur votre téléphone, en utilisant quelques moyens alternatifs.

Il existe une autre utilité aux trucs que je vous ai donné ci-haut et je vais me permettre de conclure là-dessus. Comme vous le savez probablement, les frais d’itinérances pour les plans de données sont incroyablement élevés (10 sous le Ko, soit 10$ pour télécharger un courriel avec un attachement à 1 Mo). Si vous êtes en voyage à l’étranger et que vous ne désactivez pas votre plan de données, vous pouvez vous ramasser avec des factures astronomiques, tel que décrit dans cet article. Les plans d’itinérances de SMS sont toutefois très abordables, comparables aux prix que vous payez ici. Il est très possible d’utiliser quelques uns des trucs mentionnés ci-haut lorsque vous êtes en voyage pour demeurer connecté sans jamais activer votre plan de données.

Un truc simple, mais efficace.

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Pourquoi j’ai retourné mon iPad

Je sais, je sais, c’est un peu compliqué. J’ai fait un article qui disait que je n’en achèterais pas un, un autre qui dit que je n’aurai pas le choix et voici un troisième qui annonce que je l’ai retourné chez Apple pour un remboursement. Je dois être un cas unique puisque CBC m’a passé en entrevue pour expliquer ma décision.

Alors, voilà, j’ai fait partie de la gang qui a fait la file devant l’Apple Store vendredi dernier pour mettre ma main sur l’objet mythique dès le jour 1 (et même l’heure 1). Je savais, d’entrée de jeu, que l’iPad avait ses défauts : pas de Flash, pas de multitasking, pas de caméra pour la vidéoconférence, etc. Cependant, une fois que je l’avais dans les mains, j’ai confirmé ce que beaucoup de monde pensait déjà :  l’iPad n’est pas un ordinateur mais plutôt un lecteur mp3 géant (ou un iPod touch sur les stéroïdes qui coûte très/trop cher). Après trois jours de test, j’étais convaincu : l’iPad ne valait pas le prix que j’ai payé et je l’ai retourné au Apple Store pour un remboursement.

J’ai pris le modèle de base de 16 gigs avec le 3G. Prix avant taxes : 680$. Avec les taxes, ça remonte à 780$. Aller sur Internet là-dessus, c’est assez incroyable (à condition d’aller sur un site qui n’a pas de Flash ou de Silverlight alors on oublie tou.tv, cbcsports.ca et nombreux autres).

Mais voilà, ce n’est pas la révolution de l’ordinateur qu’Apple ne cesse de répéter. Je suis certain que la tablette est le futur de l’ordinateur mais l’iPad n’est pas cet ordinateur. D’ailleurs, l’iPad est dépendant d’un ordinateur, de la même façon que l’iPhone ou l’iPod touch (ou n’importe quel autre lecteur MP3) peut l’être. C’est un appareil qui ne peut être un intermédiaire avec un autre appareil, sauf pour des caméras numériques et à condition d’acheter le connecteur USB qui est vendu séparément.

Ironiquement, l’iPad ne peut se servir du iPhone et vice-versa.

Si je pars en voyage pour une ou deux semaines avec juste l’iPhone et l’iPad, je serai coincé. Je ne pourrai pas transférer des fichiers du iPad vers mon iPhone (alors que je peux le faire avec mon netbook). Il faudra absolument que je décide avant de partir quels fichiers va dans quel appareil et je ne pourrai pas changer d’idée avant de retrouver mon ordinateur. Bref, je ne peux pas me servir du iPad comme appareil de stockage et de gestion de ma musique et de mes films pour mon iPhone.

Le iPad ne reconnaît pas le iPhone.

L'iPad ne reconnaît pas l'iPhone et ne veut pas jouer avec. Ironique, non?

Je ne pourrai pas me servir du iPhone comme modem avec l’iPad pour du transfert de données sur le réseau 3G (alors que je peux le faire avec mon netbook). Je dois absolument avoir un plan de données 3G SÉPARÉ pour mon iPad, alors que tous les autres ordinateurs (laptop, netbook, desktop, tablette) de la planète peuvent se brancher sur le plan de données de mon iPhone. Comme disent les anglos : WTF!

La relation iPhone/Netbook est une très belle relation. Je peux mettre ma collection de musique et de films sur mon netbook et le transférer quand je veux dans mon iPhone. En retour, l’iPhone peut tetherer mon netbook, faisant de ce dernier un ordinateur très mobile et pratique en voyages sans coût supplémentaire. L’iPad est un intrus dans cette relation qui n’apporte rien de bon ni à un, ni à l’autre. En fait, l’iPad n’est pas fait pour le voyage, il est un iPod Touch pour le salon. Dans ce cas-là, les versions 3g sont plutôt inutiles.

L’iPad arrive tout nu. Vraiment. Et ça coûte cher pour l’habiller.

Quand j’ai reçu mon iPhone, on retrouvait dans la boîte un chargeur, un câble, un petit chamois pour nettoyer l’écran, un dock et des écouteurs. Qu’est-ce qu’il y avait dans la boîte du iPad? Un chargeur et un câble. Et c’est tout.

Si on veut le dock, c’est 40$ de plus. Des écouteurs? 30$. Et je n’ai pas vérifié pour le chamois (qui doit coûter un gros 0,05$ à Apple), pourtant un article indispensable tellement l’écran se barbouille vite.

Si on veut protéger l’écran, ça coûte 35$. Le clavier? 80$. Si on veut connecter une caméra en USB, c’est 40$. Et si on veut transférer les photos à partir d’une carte SD, c’est un autre 40$.

L’écran du netbook se protège par lui-même et le clavier est intégré dans l’appareil, tout comme l’ USB (qui sont au nombres de trois) et le port pour la carte SD. Bref, pour avoir des fonctions similaires au netbook, il faut payer 195$ de plus sur l’iPad. Si on ajoute ça au 680$ que le modèle de base m’a coûté, c’est 875$ avant taxes pour avoir quelques-unes des fonctions qu’un netbook m’offre pour moins de 300$.

Les applications du iPad sont chères et limitées.

Finalement, les applications du iPad dans le iTunes store sont limitées et plutôt chères. Aux États-Unis, l’application d’ABC est écoeurante et est un argument de vente incroyable (écoutez n’importe quel émission d’ABC où vous voulez, quand vous voulez) mais on ne peut s’en servir au Canada. Grrr.

L’application du magazine Wired est super intéressante mais il faut payer de deux à trois fois le prix de la version papier pour l’utiliser. L’iBook store est super bien fait (surtout qu’on peut télécharger gratuitement les premières pages) mais on a accès à pratiquement aucun livre pour l’instant dans la version canadienne.

Et si vous avez acheté une application pour votre iPhone, vous pouvez l’installer tel quel sur l’iPad mais si vous voulez la version iPad (que Apple appelle HD), il faut payer à nouveau le plein prix. Et cette version ne pourra pas être installé sur le iPhone.

L’iPad demeure un appareil incroyable. En terme de convivialité et d’usabilité, c’est écoeurant. La gestion de la batterie est une révolution. Le fait qu’il est disponible pour aller sur Internet en moins de trois secondes est un gros avantage. Mais pour l’instant, la première version de cet appareil est trop fermée, trop limitée, trop chère et trop similaire à un iPod touch pour valoir la peine, surtout quand on le compare à des alternatives (netbook pour l’instant, des tablettes similaires dans un avenir rapproché). Il y a fort à parier que les défauts cités plus haut seront réparés avec les nouveaux OS et les prochaines générations de iPad (qui auront sans doute un meilleur écran pour la lecture de livre et la caméra pour la vidéoconférence). À ce moment, ça pourra valoir la peine. Mais pour l’instant, il est moins cher et plus pratique pour vous d’acheter un iPhone et un netbook que d’acheter un iPad. Et l’iPhone 4g a l’air très intéressant. Si vous voulez absolument vous acheter un appareil d’Apple, mettez votre argent là à la place.

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Pourquoi je n’aurai pas le choix de m’acheter un iPad

Dans mon article précédent, je mentionnais que je ne pensais pas m’acheter un iPad. Limité par rapport à mon netbook deux fois moins cher, je préférais garder celui-ci jusqu’à sa mort naturelle et après, considérer la tablette au nom douteux.

(Mal)heureusement, je crois que je n’aurai pas le choix de sauter dans le train d’Apple dès aujourd’hui. Plus je lis sur l’appareil, plus je me rends compte que ce n’est pas juste un gros iPhone mais également une révolution dans l’interface humain-ordinateur, de façon similaire à l’arrivée des interfaces graphiques (GUI) dans les années ’80 ont sonné ultimement le glas des lignes de commandes à la DOS.

Monsieur et Madame Tout-le-monde (incluant la petite madame de la rue Panet) vont tripper sur la fin de la gestion des fichiers. Plus besoin de savoir où on a sauvegardé les photos, la musique, les vidéos, les documents Word, Excel ou Photoshop. Le iPad (tout comme le iPhone avant, et iTunes avant ça) fait disparaître la notion de dossier.

Monsieur et Madame Tout-le-monde (incluant le beau-frère de Chibougamau) va adorer l’interface direct et adaptatif. Plus besoin de souris, de peser sur « alt » en même temps que je clique pour dézoomer ou tout autre combinaison clavier-souris où un apprentissage était nécessaire pour utiliser à plein régime un logiciel. Tout sera simplifié, universel et intuitif, au point où nos enfants ne sauront probablement pas comment se servir d’une souris dans quelques années (de la même façon que les enfants d’aujourd’hui ne comprennent pas pourquoi il n’y pas d’écran derrière notre caméra 35mm pour voir la photo qu’on vient de prendre).

Surtout, Monsieur et Madame tout-le-monde (incluant la petite madame de la pub de Vidéotron qui veut juste son petit courriel) va adorer le fait que le iPad se vend deux à trois fois moins cher qu’un MacBook.

La création de contenu va continuer à demander l’utilisation d’ordinateurs comme on les connaît aujourd’hui, de la même façon que la création de sites Internet et de logiciels demande encore la connaissance de lignes de code. Cependant, la consommation de ces contenus se fera de plus en plus au travers de ces appareils à interface adapté à l’usage : le iPhone (et autres téléphones intelligents tactiles) lorsque nous sommes en déplacement et le iPad (et les autres tablettes tactiles) lorsque nous sommes à la maison. Le laptop va rester au bureau pour l’instant.

Finalement, avouons-le, je serai assez jaloux quand je vais voir mon voisin dans l’autobus sortir son iPad pour aller sur Internet, dessiner ou jouer de l’accordéon. Pas le choix, il m’en faut un.

Alors voilà, en tant qu’expert du web et des interfaces, je serai un peu niaiseux de ne pas m’acheter de iPad. Beaucoup de gens vont l’adopter rapidement et je devrai indubitablement réviser certaines notions d’ergonomie, autant dans la création de sites Internet que dans la production d’application. Ce qu’on a appris sur le iPhone sera certes un bon début mais ne sera pas suffisant. Ultimement, je serai quand même heureux d’avoir acheté mon Dell Mini Hackintoshé plutôt qu’un MacBook. Le Mini étant 1200$ moins cher que le MacBook, j’ai économisé assez d’argent pour me payer un iPad (ou deux). Hish.

P.s. : en passant, l’appareil non-identifié de Apple détecté en octobre 2008, et qui a été observé avec le nom de code de iProd à l’été 2009, était bel et bien le iPad, ou du moins un ancêtre de celui-ci.

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Quelques sujets en rafale

Avant de commencer, je tiens à m’excuser auprès de mon blogue. Je sais, je t’ai un peu délaissé dernièrement. En fait, je t’ai un peu oublié. J’ai passé de plus en plus de temps sur Twitter, Facebook et tous les réseaux sociaux mais crois-moi, je pensais encore à toi. Si, si! Quoi, que me demandes-tu? Si je suis de retour pour de bon? Euh… On va s’en reparler la prochaine fois, ok?

Alors, quelques trucs en rafale :

Vais-je m’acheter un iPad?

Hmm, non, je ne crois pas. En toute honnêteté, je suis très content avec mon Dell Mini Hackintoshé qui me permet beaucoup plus de chose que le iPad pour deux fois moins cher. Je peux télécharger mes photos, faire des vidéoconférences, télécharger des films sans passer par iTunes, gérer les contenus de mon iPhone. Et si je perds mon netbook, je ne m’en ferais pas trop. Mais j’avoue qu’entre acheter un nouveau laptop à 2000$ ou acheter un iPad à 500$, j’hésiterais. Et si je la reçois en cadeau, je ne serais pas déçu. 🙂

Projet Natal : l’avenir des interfaces, c’est pas d’interface

L’industrie du jeu vidéo ne cessera de m’étonner. Après la Wii et son interface intuitive, voici que Microsoft attaque le marché du jeu basé sur le mouvement avec son Projet Natal. Cependant, ce qui est nouveau ici, c’est que plutôt que de se servir d’un contrôleur pour évaluer les mouvements (comme la Wii), le tout va se faire plutôt au travers de différents capteurs et caméras. L’usager en fin de compte n’aura qu’à bouger pour que le système ne détecte ses intentions. Woh!

Ma première présence dans une bande dessinée

J’adore les bd de Luc Bossé, un ancien collègue à moi. L’humour, les dessins, les messages, l’environnement. Si vous ne connaissez pas, vous pouvez le découvrir sur son blog ou encore, acheter ses fanzines et son rapport annuel sur son magasin en ligne.

Bref, je me suis retrouvé dans deux de ses dessins. Je ne suis qu’un phylactère (en fait, quatre) mais quand même, je trouve ça très drôle. Me voici :

On reconnaît ma sonnette. 🙂

J'ai vraiment dit "Ça sent la coupe!"

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Le premier véritable Cyborg voit le jour

Pour l’instant, je vais mettre cet article dans la catégorie « un peu trop fou pour être vrai ». Je vais approfondir mais en attendant, voici la petite histoire du premier véritable cyborg.

Une équipe de chercheur de l’Université de Reading, au Royaume-Uni, acréé un petit robot qui a deux roues et des détecteurs et qui se promène un peu partout sur une surface plane. Jusqu’à maintenant, rien de spécial, j’avais un jouet en 1986 qui faisait la même chose (et j’en avais un autre qui bouffait mes cennes noires), sans parler de mon Roomba.

Ce qui est spécial de ce robot, c’est que le processeur, l’équivalent de l’ordinateur central, est fait de neurones de souris. C’est la première fois que des tissus animales servent à contrôler un robot. De plus, différentes neurones provenant de plusieurs souris ont été utilisés tour à tour (les neurones ne durent pas très très longtemps, il fallait constamment les remplacer). Selon les chercheurs, le robot agissait de façon différente à chaque fois, ayant une personnalité différente.

Et voilà, c’est pour ça que la race humaine sera un jour envahi par des cyborgs. Si vous voyez un fou se promener sur Mont-Royal criant que la fin du monde est proche, soyez indulgent, ce sera probablement moi…

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Scientific marketing goes « Boink! »

Vous avez probablement entendu parler de cette histoire dernièrement : nous avons trouvé le fameux lien manquant, notre ancêtre commun, celui qui lie l’être humain aux premiers primates. La bête, surnommée Ida, est vieille de 47 millions d’années (alors que Lucy n’a que 3 millions d’années) et aurait été trouvé en Allemagne au début des années 1980. Ce n’est que tout récemment cependant que des scientifiques ont déterminé la valeur historique et grandiose de ce fossile que l’on compare à la Pierre de Rosette.

Le logo Google avec le fameux Darwinius

Le logo Google avec le fameux Darwinius

Ce qui a suivi est unique en terme de visibilité médiatique scientifique : conférence de presse, reportage dans les grands médias et même Google qui change son logo sur son site web pour souligner cet événement.

Mais voilà, avons-nous été trop rapide à fêter, à annoncer, à jubiler sur cette découverte? L’établissement d’un fait scientifique a habituellement un processus linéaire un peu platte et long : recherches, publication d’articles dans les périodiques appropriés, validation des résultats par les pairs, discussion, débat, relance et après quelques années, établissement d’un paradigme, d’un fait scientifique établi par la communauté et transmis dans la population (mais toujours discutable, comme nous le démontre quotidiennement les tenants du créationnisme). Dans le cas du Darwinius masillae , tout le processus de validation des données a été escamoté. Quelques paléontologues ont fait une annonce qui n’a pas été « approuvé » par des experts à l’extérieur de ce petit cercle mais qui a déjà été véhiculé comme un fait par les grands médias.

Ce qui impressionne dans ce cas-ci n’est pas tant la découverte scientifique mais plutôt, comme le dit Yanick Villedieu de Radio-Canada, la mise en marché de cette découverte scientifique. Au même moment où sortait l’article dans le périodique PloS ONE, les chercheurs lançaient un site Internet avec un URL un peu prétentieux (revealingthelink.com) où ils sont les vedettes, faisaient des conférences de presse et se sont mis à l’avant de l’attention médiatique. On apprend en plus qu’un livre et un film titrés The Link sont en cours de préparation. Quand on regarde le tout, insérer le nom de Charles Darwin dans le nom scientifique de la bête tient plus du marketing que d’autres choses.

Au final, avant même que le fait ne soit établi clairement, avant même que l’on soit certain que Ida a bel et bien la valeur scientifique que les chercheurs qui l’ont mise à l’avant-plan lui octroie, une campagne de marketing digne d’un grand film hollywoodien est en cours, une campagne qui établit un fait dans la population sans qu’il ne soit validé par la communauté scientifique et qui devrait permettre de vendre des livres, des t-shirts, des posters et qui augmente de façon exponentielle la valeur du fameux fossile qui appartient, en partie, à des intérêts privés.

Je me permets de paraphraser « Calvin and Hobbes » : Scientific progress marketing goes « Boink! »

Pour approfondir sur le sujet :

Lien wikipedia sur Ida
Le blog de Yanick Villedieu et son entrevue avec Christiane Charette

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