
À quelques heures du dévoilement du OS 3.0 du iPhone, j’ai le goût de faire un petit retour sur le jeu qui s’est imposé entre Apple et la communauté de développeurs “hackers” depuis le lancement de l’appareil. Il est très intéressant de voir comment ces derniers ont eu une influence énorme sur le développement (illégitime et officiel) de l’appareil et en se basant là-dessus, on peut se permettre de prédire ce qui s’en vient dans le prochain OS.
Dés le dévoilement du iPhone en janvier 2007, Apple a annoncé une séries de mesures peu populaires auprès des clients. Le téléphone était barré (locked) à un seul fournisseur de service (AT&T) dans un seul pays (États-Unis), il était impossible d’avoir un rabais même s’il fallait signer un contrat à long terme (600$ avec un contrat de 2 ans) et seules les applications originales comme Safari, Mail et Weather étaient disponibles sur le téléphone.
Peu de temps après la sortie du iPhone en juin 2007, les mesures pour contrer le lock du téléphone, ont commencé à émerger. Cartes SIM bidouillés, ajouts de gadget et soudure artisanale, trois mesures dangeureuses et/ou coûteuses, ont été utilisées sur l’iPhone. Puis, moins de trois mois après la sortie du iPhone, les hackers ont réussi ce qu’Apple croyait impossible : ils ont réussi à débarrer (unlock) le téléphone au travers d’une modification du logiciel, ce qui fait qu’on pouvait maintenant s’en servir sur n’importe quel fournisseur de service cellulaire (avec technologie GSM) dans le monde.
Pendant ce temps, d’autres hackers commençaient à jouer dans le logiciel du iPhone et en moins d’un mois, étaient capables de développer des 3rd party application, ou, en d’autres mots, des applications pour iPhone non-développé par Apple. Une de ces premières applications a été un émulateur du Nintendo original, application toujours populaire aujourd’hui d’ailleurs. C’est ce qu’on appelle le jailbreak.
Apple n’allait pas laisser faire les hackers aussi facilement et a fait une première mise à jour du OS en septembre 2007, la version 1.1.1, qui allait rebarrer le téléphone à AT&T et effacer toutes les applications. Version qui a été débarré et jailbreaké en moins de deux mois. En novembre arrive la version 1.2, aussi débarré et jailbreaké en moins d’un mois. Et la même histoire se répète avec la version 1.3 en janvier 2008.
En février 2008, Apple se réveille. Auparavant, différents développeurs légitime ont protesté et ont voulu développer leur propres applications sans passer par un jailbreak. Apple leur a dit à l’époque de passer au travers du navigateur Safari et de faire des Webapps, ce qui était la seule façon de pouvoir s’insérer dans le iPhone. Aouche! Apple offre finalement le Software development kit (SDK) en mars 2008, en attendant la version 2.0 du OS qui sortira en juin avec le fameux App Store.
Est-ce que le SDK représente la fin du jailbreak et de la communauté de hackers? Oh non! S’il est maintenant possible d’installer des 3rd party applications sur le iPhone, ceux-ci doivent obtenir l’approbation d’Apple et les conditions sont très sévères. Résultats : plusieurs applications sont encore offerts au travers du système parallèle, comme une application qui utilise la caméra pour faire un vidéo (Cycorder.app), le fameux émulateur de Nintendo (NES.app), un GPS performant (xGPS.app), une fonction copier-coller et une application qui permet d’utiliser son iPhone comme un modem pour notre laptop, mieux connu sous le nom de tethering.
Aussi, dans les derniers mois, les hackers se sont mis au travail pour pouvoir débarrer les fonctions du Bluetooth du iPhone. Celui-ci ne permet que de faire des appels alors qu’une tonne d’appareils (clavier, écouteurs, souris) et de fonctionnalités Bluetooth existe, comme le transfert de fichier ou l’écoute de musique. Dans peu de temps, il sera possible d’utiliser un clavier Bluetooth et des écouteurs sans fil sur nos iPhone.
Qu’est-ce qui s’en vient dans le 3.0?
Alors, connaissant l’histoire d’Apple avec la communauté illégitime de développeurs, à quoi pouvons-nous nous attendre dans l’annonce de cet après-midi? Voici mes paris, en ordre de probabilité :
1- Des mesures anti-jailbreaks et anti-unlock. Ben oui, c’est facile à prévoir, ils le font toujours. Si votre téléphone est jailbreaké ou débarré, ne le mettez pas à jour. Vous allez vous retrouver coincé. Probabilité : 100%.
2- Une fonction copier-coller. Depuis le temps que les clients la réclame, il est pratiquement certain que l’on verra finalement la fonction dans le iPhone. De plus, ce n’est pas ce qui est le plus compliqué à faire. Probabilité : 95%.
3- Ça n’a pas rapport avec les hackers mais l’intégration du VoiceOver du nouvel iPod Shuffle et d’un certain contrôle du iPod avec la voix est très possible. Probabilité : 85%
4- Une caméra vidéo. Les hackers ont prouvé qu’il est techniquement possible d’utiliser la petite caméra des iPhone pour faire des vidéos à 15 FPS. Ce serait un assez gros nanane qui convaincrait les utilisateurs de mettre à jour le téléphone. Probabilité : 75%
5- Une fonction de modem. Le fameux tethering, c’est à dire pouvoir connecter son laptop sur le réseau cellulaire au travers du iPhone pour le transfert de données. Seul truc : ça coûtera un surplus mensuel (ce que la version jailbreaké n’a pas). En effet, les fournisseurs de services cellulaires ne voudront pas servir de modem à laptop sans en tirer un bénéfice, surtout qu’ils offrent déjà un tel service qui est assez onéreux. Probabilité : 70%.
6- Un GPS amélioré. Un vrai de vrai GPS, avec commande vocale, qui utilisera les cartes de Google et peut-être aussi la fonction StreetView. Probabilité : 30%.
7- L’expansion des fonctions Bluetooth. Si Apple le fait, ils vont devancer les hackers. Utiliser un clavier Bluetooth ferait du iPhone un substitut intéressant aux Netbooks. Probabilité : 20%
8- Le OS 3.0 va être gratuit pour les iPod Touch. Hahaha, je me fais rire. Aucune chance que ça n’arrive. Amis qui avez un iPod Touch, préparez-vous à payer. Probabilité que ce soit gratuit : 0,0005%
Alors voilà. Je suis très curieux de voir ce que le 3.0 va nous donner. Réponse dès cet après-midi.